PROMOTION INTÉGRALE DE LA FEMME

La chanson préférée de mon ami Frédéric Bernardeau est un hit de l’abbé Ferdy Hien, « Promotion intégrale de la femme ». Nous avons rencontré ce dernier à Dissin où il dirige l’école de musique puis l’avons retrouvé à Koper, lors de l’inauguration dont je parlais hier.

Promotion intégrale de la femme,

Moi, je dis oui !

Promotion intégrale de la femme

Moi, je dis oui !

C’est le thème d’un bon nombre des photos d’aujourd’hui dimanche. La femme africaine tient ici la barque, si j’ose dire, et assure l’essentiel. Entourée des hommes du village, la directrice du collège de Koukouligou portait tranquillement son bébé sur le ventre. Je l’ai trouvée plus gracieuse, plus apaisée que la première fois où nous l’avions croisée, en 2016. Près de Maria Taw, la mariée était la plus belle, bien sûr, un peu tendue tout de même. Elle passait de groupe en groupe. Reine du jour déclinant. Enfin, au même endroit, j’adore cette photo avec la poule (ci-dessus). Elle raconte autant d’histoires qu’il y a de personnages. Un miracle de photo qu’il faut prendre le temps d’observer dans tous ses détails.

FASO

Faute de temps sur place, pas de grand reportage cette fois-ci sur le Burkina Faso, essentiellement des photos, dont certaines en noir et blanc. Ensemble toutefois fidèle à ce qu’a été cette brève semaine de voyage : beaucoup d’écoles visitées (car telle est la priorité du projet de l’ASPA cette année), quelques paysages dont un inattendu chaos de roches au-dessus de Ouessa, des visages comme toujours et, une fois n’est pas coutume, l’épisode de l’inauguration d’un centre de soins.

Je livre en deux fois les images. Demain, rencontres en tous genres : un évêque, une noce, des tisseuses, quelques paysans et d’autres choses encore.

 

SOPHIE À LA PLAGE

La façade sud de l’Australie baigne dans le vaste océan austral. J’en connais quelques coins, du côté de la Tasmanie, des falaises de Wilson Prom ou des plages immenses au sud d’Adélaïde. Cette année, c’est vers Mornington et Phillip Island qu’en famille nous nous sommes promenés : la ferme modèle de Churchill, le finistère des Summerlands si mal nommés (le climat y est plutôt rude). Avec mes Amor j’aurais aimé aller jusqu’à French Island mais nous n’avions que peu de temps. Sophie, qui est franco-australienne, ira peut-être y camper un jour, avec un amoureux par exemple, histoire d’évoquer avec lui son autre pays, la France, en quelque sorte sa part lointaine.

PS : demain départ pour le Burkina Faso.

 

RENDEZ-VOUS À…

 

Chaud Melbourne au cœur de l’été austral. Mais je pourrais dire tout aussi bien l’inverse, puisque la règle ici est l’absence de règles. Le long de la Yarra les promenades sont agréables, on flâne, on boit une bière, on sent tout doucement le temps couler. Cette année, Manon et moi avons profité de l’existence et parlé plutôt longuement. Tous les deux, nous avons ainsi quelques rendez-vous au gré des voyages de l’un ou l’autre, peu nombreux mais au combien précieux… Le cadre, en ce superbe mois de décembre, a servi d’écrin aux retrouvailles. À refaire, sous d’autres cieux !

 

VICTORIA SECRETS

On s’en étonnera peut-être, cet article n’a pas pour vocation la promotion des boutiques de lingerie qui, dans les galeries free des aéroports notamment, ne manquent jamais d’attirer l’œil du connaisseur et de l’esthète. Il vise plutôt à vanter les beautés cachées du Victoria, région vallonnée de l’Australie du sud, d’en caresser les courbes appareil photo à la main, pour rendre justice à tous ses recoins. Depuis Melbourne on prendra par exemple l’autoroute de l’est pour sortir par une bretelle et rejoindre la route d’Adélaïde. Quelques heures et ce sont les Grampians, avec leurs dentelles de roche tout au fond du bush. On aura ici le loisir d’emprunter un défilé étroit qui, sans contestation, soutient la comparaison avec la gorge du Verdon. En une petite heure d’exercice, il permet d’accéder au balconnet du Pinnacle lookout. Celui-ci pigeonne au-dessus de la forêt; la vue, par définition, y est imprenable; et il n’est pas faux de dire qu’on en a plein les yeux. Autre approche, prendre son slip de bain et batifoler dans la péninsule de Mornington. Là vous attend un boudoir airbandb préalablement réservé. Vous pourrez y jouer aux boules par exemple, le soir à la fraîche. La nuit, comme dirait Rimbaud, les étoiles font au ciel leur doux frou-frou. Dans la journée, la plage. Celle de Silverleaves est très belle. Le bas (que je préfère) est un peu collant, je parle du sable, mais dans l’ensemble, on caracole, pas besoin d’être excessivement culotté, juste éviter les talons aiguilles. Enfin, je recommande, pour les amateurs d’impressions corsées, les zones sensibles de Black Spur (l’éperon noir si je traduis bien) et, dans un autre style, la cité très glamour de Clunes. Sa devise, qu’on ne s’en étonne pas davantage, serait paraît-il empruntée aux chevaliers de l’Ordre de la Jarretière : « Honni soit qui mal y pense ».

LA VALLÉE DU CHANT DU MONDE, LE FILM

VDCM

« François était entré par le style, l’admiration, et moi par la géographie. Il lui avait fallu une seule phrase et de cette seule phrase il pouvait faire un roman. Mais moi ? Ce fleuve ? Cette épaule ? Où est-ce que Giono était allé les chercher ? Le chant du monde ? Mais où ? Dans quel pays ? Alors me sont revenues en mémoire les hautes vallées de la Bléone et de la Durance, du côté du pays de ma mère. J’avais lu un jour que c’était là l’origine, la source. »

LA VALLÉE DU CHANT DU MONDE, un film que j’ai réalisé en Haute-Provence sur les traces de Jean Giono. Avec François Louvard, Jean-Louis Carribou, Christian Garcin, Serge et Dominique Davin, Mireille Arnaud-Davin, et la participation exceptionnelle de Mme Sylvie Durbet-Giono.

Bonne projection.

AD

QUI SOURIT ?

Ce que nous ont laissé les architectes et les sculpteurs antiques ne prête guère à sourire. Colonnes hiératiques, marbres froids, gueules cassées, visages graves de la conscience de nos faiblesses et de notre finitude (nous nous trompons, nous souffrons, nous vieillissons, nous mourons).

Mais au détour d’une salle de musée nous voici comme soulagés de croiser le sourire d’un kouros. Il nous surplombe de plusieurs mètres, se dresse dans son éternelle complétude, trop beau pour être vrai mais pour nous, mortels, presque amusant de perfection.

CHACUN UN CHEMIN

Aux Météores, tout se présente comme un chemin jalonné de stations. La plaine d’abord, puis, vers Kalambaka, d’immenses échines de sable concrété se découpant sur le ciel. Il y a les nuances de vert et il y a la roche, l’un ou l’autre, et bientôt se profilent les monastères, comme des sentinelles perchées sur un rempart. C’était jadis le refuge des anachorètes. Ils sont représentés sur les fresques des églises. Mais pour y parvenir, encore des étapes : la route tortueuse, le parking colonisé par les marchands du Temple, le pont-levis, les escaliers, le guichet, enfin les lieux de la prière. Une première salle de nos pas perdus – le narthex -, une autre où se déploie la bande dessinée du Jugement Dernier, une autre encore pour la Passion, enfin la dernière salle, exiguë, accessible aux seuls moines s’y recueillant une fois disparus les visiteurs bruyants.

La Foi serait donc un chemin.

À Ossios Loukas, le vent se lève, le ciel se charge de nuages et mon noir et blanc  dramatise l’atmosphère. Je pense à la petite église orthodoxe accrochée à la crête de Facibelle, à l’ermite de Barles. Parfois il descend dans la vallée par le chemin pentu et au grand plaisir de mon ami François nous l’avons croisé l’autre jour. Il allait récupérer sa mobylette dans un coin (cachée dans des fourrés ?) et il a décliné poliment notre proposition de le prendre en stop. Nous avons sans lui poursuivi notre route.

SOUVENIR DU COLOSSE

« Tout ici, aujourd’hui comme il y a bien des siècles, chante l’illumination, la joyeuse, l’aveuglante illumination. La lumière y acquiert une qualité de transcendance : ce n’est pas seulement la lumière méditerranéenne; c’est quelque chose de plus, d’insondable, de sacré. Ici la lumière pénètre droit jusqu’à l’âme, ouvre portes et fenêtres du coeur, dénude l’homme, l’expose, l’isole dans une félicité métaphysique où tout s’éclaire sans qu’il soit besoin de la connaissance. L’analyse s’arrête net dans cette lumière. »

Henry Miller, Le Colosse de Marousssi, 1958.

Je connais ce texte, ce Colosse, depuis le début des années 80. Sa lecture a à ce point compté que j’en fis à l’époque le sujet d’un mémoire d’étude. Je suppose que cette fascination de jeunesse prolongeait les impressions laissées par un premier voyage en Grèce quelques années plus tôt. Tout aussi bien elle annonce aujourd’hui d’autres voyages dans la lumière grecque, une lumière qui, j’en fais l’hypothèse, rencontre d’autres rêvasseries plus lointaines encore, quand mon regard se perdait dans le ciel bleu d’une fresque évangélique, à gauche de l’autel, en l’église du Sacré Coeur de Menton. Va savoir…

En mars, fortement question de retourner là-bas pour jouer la pièce Migraaaaants de Matéï Visniec, reprise d’un grand moment de l’année écoulée. Plus tard (disons quelques années), autre projet  tenu pour l’instant top secret… En attendant, et pendant deux ou trois jours, admirons ces paysages admirables. Novembre gris nous y encourage, n’est-ce pas ?