LES DENTS DE L’ARENC

Il y a une intéressante découverte à faire si l’on se promène du côté de la Tour CMA CGM de Marseille : les requins de l’aquarium du Conseil Général. Tel ou tel guide des curiosités marseillaises vous dira qu’il faut, en principe, une autorisation pour le voir ; en réalité on peut s’en passer et tout simplement pousser la porte en tourniquet. Par une après-midi lumineuse d’hiver on sera aussi frappé par les couleurs du quartier ARENC EURO MÉDITERRANÉE, une vitrine de la ville où se détachent la tour de l’architecte anglo-iraquienne Zaha Hadid et celle, encore en chantier, de Jean Nouvel. Les sumos de David Mach, outre ce conteneur de la CMA, semblent soulever la tour elle-même. Plus loin je flâne vers le Silo et jusqu’aux Terrasses du Port. Ici le centre commercial, qui s’est dispensé de librairies mais fait la part belle aux grandes marques de textile, rappelle le bling bling de Dubaï. Même à Noël je l’ai pourtant toujours trouvé plus ou moins vide, tout comme les Docks, récemment inaugurés de l’autre côté de la rue. Peut-être ce (faux ?) luxe n’est-il pas vraiment fait pour Marseille ? La transformation des entrepôts en galeries marchandes, à ma connaissance, ne «prend» pas. Comme si la ville – parmi les plus pauvres de France, faut-il le rappeler ? – n’y retrouvait pas son âme, c’est-à-dire sa vérité. Je m’amuse alors à penser qu’à Marseille les requins de la finance dépérissent dans le bocal.

PS: en prime deux photos d’une soirée aux Docks du Sud, salles de concert dédiées aux musiques nouvelles.

2 réflexions sur “LES DENTS DE L’ARENC

  1. Merci Alain.
    on peut renvoyer
    d’une part au film documentaire « la fête est finie » du marseillais Nicolas Burlaud (ou, comment , à travers l’année « capitale de la culture » on (les officiels) a voulu montrer une certaine modernité de Marseille, conforme aux goûts culturels dominants mais en contradiction avec la réalité sociale d’une ville pauvre et où les écarts de richesse sont ignorés car proprement inimaginables…) j’avais fait venir ce réalisateur devant la commission culture du CESER…
    d’autre part au bouquin de PH. Pujol « la fabrique du monstre » qui, à partir de faits divers avérés, est une bonne étude sociologico-économico-politique d’une réalité marseillaise que l’extension d’ Euroméditerranée veut peut-être nier, voire faire disparaitre…
    Bises. comment vont tes petits enfants? as tu des photos?
    Serge

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