QUELQUES HEURES

 

L’avion a survolé Saint Louis où j’avais jadis poursuivi l’heure exquise, la mystérieuse Mauritanie, les sables de Nouadhibou où nous nous étions posés un autre jour sans pouvoir descendre du DC10; et ce fut bientôt Tarfaya, Mogador, enfin Casablanca, nouvelle étape du voyage au long cours.

La ville est réputée infernale par la densité de son trafic. Dans les embouteillages permanents, l’éloignement de l’aéroport allonge considérablement le temps qu’il faut au touriste ou au pèlerin pour se rendre, par exemple, aux marbres de la mosquée Hassan II. Pourtant, c’est bien une ville vide, absolument, que j’ai pu arpenter ce jour-là, à mon compteur plus de vingt-cinq kilomètres de rues et d’esplanades désertes, quelques silhouettes aperçues au loin, un décor désaffecté que je photographierais tel qu’il ne se présente qu’une seule fois dans l’année, le lendemain du festin de l’Aïd. Ce jour-là les familles et les amis en sont aux restes. Dans les appartements ou sur les cours on partage, on laisse filer la journée doucement vers la nuit enveloppant bientôt la ville encore silencieuse pour quelques courtes heures.

J’aime ces étapes express entrecoupées de nuit. Me voici comme posé presque au hasard sur un point du globe dont je ne sais quasiment rien.

J’aurais déjà repris l’avion lorsqu’au petit matin Casablanca recouvrerait son rythme naturel, sa folie de commerce, d’affaires, la vie trépidante.

2 réflexions sur “QUELQUES HEURES

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