À MES MONTAGNES

Au cours d’heureuses randonnées, une amie, qui se reconnaîtra, s’étonnait toujours de ma faculté quasi magique de nommer les sommets autour de nous, de désigner tel ou tel pic à l’horizon tout en précisant son altitude et ses différentes voies d’ascension. « Les montagnes se ressemblent toutes ! Comment fais-tu ? Tu inventes ! » Mais non, je n’inventais pas, c’est un « don » que partagent en réalité beaucoup d’amateurs de sommets. Cette « magie » n’avait rien d’exceptionnel, quand bien même je me gardais, par coquetterie, de le révéler trop vite… C’est en rangeant récemment ma bibliothèque que je me suis rappelé l’origine de cette connaissance alpine. Les guides Paschetta (du nom d’un médecin alpiniste niçois) ont passionné mon adolescence et, à certaines pages dépliables, déroulé l’horizon lointain des cimes du Mercantour dont je rêvais sans les avoir gravies. L’altière Abysse, les mystérieuses Tours Saragat, plus loin à l’ouest le dos d’éléphant du mont Bégo et les austères versants du Grand Capelet. Je pourrais continuer : Cime Luzière, Mont Clapier, Malédie, Gélas et, en Italie, Brocan, Nasta, Argentera… Mais je m’arrête ; une autre amie, qui se reconnaîtra aussi, me dit que je suis trop « géographique » dans mes articles ! Qu’elle me permette pourtant d’ajouter ce qui justifie, à mes yeux, l’écriture de celui-ci : les Alpes Maritimes, qu’on a tort de limiter à leur bordure côtière, sont d’une beauté et d’une complexité montagnarde extraordinaires. Je ne me lasse pas d’en découvrir encore aujourd’hui les routes et les chemins, pas seulement dans le Mercantour, mais aussi dans le Moyen Pays, d’une sauvagerie parfois impressionnante. Les plateaux calcaires au-dessus de Grasse, glacés en hiver, torrides en été, étonnent par leur aridité et leur âpre majesté. Du côté des vallées de la Vésubie, de la Tinée ou du Var, si meurtries en 2020, les versants plongent à pic. La Roya aussi, qui reste peut-être ma préférée. Nous la remontions en famille le dimanche, en passant par l’Italie. Tout cela pour dire ce que l’on aura compris : j’aime ce pays, j’aime mes montagnes, j’aime en partager les beautés.

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