SENS DE LA VISITE

Au nord de la vielle ville, la via Garibaldi permet de rejoindre le quartier moderne de San Vincenzo ainsi que les hauteurs huppées de Castelletto. À elle seule, cette rue aristocratique au nom républicain justifie un voyage à Gênes. La succession de palais indique que nous sommes ici au cœur de l’histoire de la ville, son faste nobiliaire et sa richesse commerciale. Pour en prendre plein les yeux, il suffit de passer les porches et d’entrer lorsqu’on le peut. Par exemple, nous passons un moment au palais Giovanni Spinola, siège actuel de la Deutsche Bank. Son atrium est décoré de fresques guerrières mettant en scène les premiers commanditaires, Angelo Giovanni Spinola et son fils, notables de la République de Gênes, alliée de la couronne d’Espagne. Au XVIème siècle, Gênes, d’où était parti Christophe Colomb, s’est faite la partenaire de l’Espagne de Charles Quint et a largement profité de l’expansion coloniale aux Indes orientales. Mais avançons. De la via Garibaldi on atteint bientôt les quartiers XIXème. La piazza de Ferrari, la galerie Giuseppe Mazzini et l’opéra rappellent que Gênes, en dépit de certaines apparences et de sa réputation de ville malfamée, appartient à l’Italie du Nord, urbaine et opulente. Les boutiques de luxe rivalisent avec celles de Milan et, étrange impression pour moi, la large avenue partant de la gare vers la mer ressemble à s’y méprendre à l’avenue du Prado à Marseille. Une fois en bord de mer, comme sur la Corniche, le bus nous rapproche du secteur très chic de la capitale ligure. Villas, jardins, hôtels, larges promenades et, au loin, les contours de la Riviera. Il faut alors s’arrêter au « village » de Boccadasse, avec sa plage, ses maisons colorées et son marchand de glace. On se croirait au Cinqueterre et même en ce lundi les places sont chères sur les galets. Enfin, un séjour à Gênes ne peut s’achever sans une visite au cimetière di Staglieno. On le trouvera facilement au nord de la ville, juste avant de reprendre l’autoroute. Des célébrités y reposent, paraît-il. Mais comment les repérer dans cette concentration impressionnante de tombeaux, de statues aux poses théâtrales, de galeries macabres ? De toute façon, une fois allongé tout le monde se ressemblent, non ?

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