FRONTEIRA

Encore un autre jour, je suis retourné à Lisbonne et j’ai visité le Palácio dos Marqueses de Fronteira. J’ai regretté de ne pas l’avoir fait plus tôt, mais ce n’est qu’au retour, en lisant La frontière de Pascal Quignard, que j’ai pensé devoir y retourner un jour.

Sous le soleil d’août et une lumière presque blanche, j’avais été dans le ravissement que la lecture du court roman raviva délicieusement, avant que les dernières pages ne provoquent tout à coup l’effroi. Comme si, au sein même de la beauté, existait une frontière secrète, un portique infernal au delà duquel la splendeur bascule dans l’épouvante. En déchiffrant le mystère des chats musiciens ou du singe trompetant de son cul, l’écrivain ouvrait un abîme : « Le roi dit : « Il est possible que les œuvres d’art soient le fruit des vengeances. Un de mes compagnons s’est peut-être vengé malgré l’interdiction que je lui avais faite, sans qu’il désobéît néanmoins à la paroles qu’il avait donnée. Le désir nous affole tous les jours et sa carence nous abandonne aux ombres. Et il est vrai que les ombres sont bleues. » »

Je conseille, avec grande conviction, la visite du palais de la Fronteira et la lecture du roman de Quignard, si possible dans la belle parution des excellentes éditions Chandeigne. 

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