RADAR

« Quand on voyage beaucoup, et qu’on aime se promener au hasard, ou même se perdre, on se retrouve dans des endroits plus qu’étranges ! Je suis attiré par les lieux. C’est presque une addiction. D’autres sont dépendants de la drogue, du football, de l’argent, des voitures, du succès ou de je ne sais quoi encore… Moi, j’aime les lieux. Je m’y attache tellement qu’il m’arrive d’être nostalgique d’une douzaine de sites à la fois. Pourquoi ? D’abord parce que je suis intrigué. Quand je regarde une carte, le nom des montagnes, des villages, des fleuves… m’excitent. Si je ne suis jamais allé quelque part, un mot suffit à éveiller mon envie. C’est pareil en ville : le nom d’un quartier, d’une place, d’une rue, d’un bâtiment suscite mon désir ardent de m’y rendre. Bien sûr, je n’aime pas toujours ce que je découvre. Mais souvent, cela me plaît. Ma longue expérience m’a appris que l’on trouve en général exactement ce l’on veut. Mon genre d’endroit, c’est là où tout le monde m’assure qu’il n’y a rien. Ce doit être mon radar intérieur qui me dirige vers les espaces étrangement calmes ou calmement étranges. Je suis là et j’ai du mal à croire à ce qu’il y a sous mes yeux… C’est ma sensation préférée. » Wim Wenders

Départ lundi.

FEMMES 2

« La condition féminine a évolué en Occident sans être parvenue à l’accomplissement souhaitable (bien des préjugés machistes subsistent dans les esprits et dans les actes; il y a encore beaucoup de femmes battues et esclavagisées), mais elle fait problème sur l’ensemble de la planète, et la réforme de vie doit donc comporter la réforme de la condition féminine. (…) Il est vrai que bien des sociétés archaïques qui survivent, notamment en Amazonie, nous donnent un exemple de communauté humaine comportant complémentarité de la culture masculine et de la culture féminine avant que ne se soit instauré l’assujettissement de la part féminine de l’humanité au sein des sociétés historiques. C’est bien un retour à la complémentarité/communauté archaïque du masculin et du féminin, mais à l’échelle du monde contemporain, que nous devrions tendre. »

Edgar Morin, La voie pour l’avenir de l’humanité, 2011.

« Arthémice : Examinons ce que nous sommes, et arrêtez-moi, si j’en dis trop : qu’est-ce qu’une femme, seulement à la voir ? En vérité, ne dirait-on pas que les dieux en ont fait l’objet de leurs plus tendres complaisances. »

Marivaux, La colonie, 1750.