QUAND PASSE XI JINGPIN

Je ne suis pas sûr que François Hollande, de retour d’un voyage officiel en Amérique du Sud, s’arrête aux Açores. Xi Jingpin si ! La Chine, disent les Chinois, n’a pas vocation à l’expansionnisme. Pourtant elle construit partout – hôpitaux, autoroutes, ports – participant au développement des pays les plus improbables.

Aujourd’hui, j’ai fait du tourisme moite. Ponta Delgada en long et en large. Une salle intéressante au musée militaire du fort de São Bras ; le Portugal y regarde son passé guerrier, au début des années 70, en Angola, Guinée Bissau, Mozambique. C’est là-bas que désormais les jeunes Portugais sans travail vont tenter leur chance, en Angola surtout paraît-il. En revanche, je n’ai pas perçu l’américanisation des Açoriens dont on m’a parlé.

Encore trop tôt pour saisir exactement où je suis.

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CACAHOUÈTE

L’île de São Miguel, à quelque chose près, a la forme d’une cacahouète. Cinquante kilomètres environ de l’Ouest à l’Est, une quinzaine du Sud au Nord. La voiture est le moyen idéal pour la visiter.

Je suis parti ce matin pour longer la côte Sud, musarder d’un village à l’autre, entre ombre et soleil. On peut penser naïvement que le fameux anticyclone des Açores garantit le beau temps. En réalité, l’île aime le brouillard et on peut s’estimer heureux lorsque, comme aujourd’hui, le soleil gagne la partie. Pour photographier la lumière est rarement idéale, il faudrait attendre le bon moment mais je n’attends pas beaucoup en voyage : toujours cette fichue manie de tracer… Cela dit, la visite du parc de Terra Nostra de Furnas m’a offert le quart d’heure réglementaire de vacances : un bain délicieux dans les eaux chaudes. Plus tard, la piste entre Nordeste et Povoação est de toute beauté. La zone est inhabitée, on surplombe de profonds canyons. Je me demande toujours si toutes ces montagnes ont été explorées. Qui peut parcourir ces pentes ?

PS : renseignements pris, Xi Jingpin serait venu goûter le fromage des Açores et boire le lait de ses vaches. C’est du moins ce que raconte la télévision locale. Tonio, cependant, ne croit pas à cette fable. Serait en jeu une base militaire du côté de Terceira, jusqu’ici occupée par les Américains et bientôt abandonnée par les mêmes.

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NOUS SOMMES DE RABO DE PEIXE

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Rabo de Peixe est une localité de la côte Nord de São Miguel, à l’écart des itinéraires touristiques. En ce samedi matin règne une ambiance festive dans le quartier du port. Les hommes discutent bruyamment devant les cafés, jouent aux cartes ou au « bingo » sur le front de mer. Dans les rues en damier les femmes arrosent leurs façades au jet, énergiques. Tous semblent rudes, mains, visages, corps noueux sont marqués. Par quoi au juste ? La mer, le vent, le travail surtout. On est pêcheur ou agriculteur, femme au foyer, rarement autre chose, et ce n’est probablement pas la fête tous les jours.

Passé et reparti. Ce n’est pas la fête non plus pour le touriste lorsque, se déplaçant de miradouro en miradouro, il ne voit en lieu et place du Lagoa do Fogo par exemple qu’une insondable et ironique purée de brouillard. Le Petit futé a pourtant prévenu : « Ils ne sont pas rares ceux qui reviennent bredouilles de l’expédition. » (p. 108) Bingo bis ! Sur une journée entière on parvient toutefois à admirer de beaux paysages volcaniques, camaïeux de verts ourlé d’innombrables massifs d’hortensias bleu-mauve. Vu aussi cet étrange complexe hôtelier complètement abandonné, parfait pour un film d’horreur ou, pourquoi pas, un reportage décalé (tant que ça ?) dans Vogue : des belles évaporées ou glamour trash cambrées et provocantes dans les décombres.

Le soir, je vais au Theatro Micaelense. Je m’étais dit la veille qu’un spectacle de danse ne poserait aucun problème de traduction. Le spectacle dirigé par une certaine Filipa Francisco s’intitule Cardume. À l’entrée, est-ce le Tout Ponta Delgada qui se presse ? Je ne sais. Quoi qu’il en soit, le théâtre est plein au moment où s’avance une chorale d’enfants. Puis c’est le tour des danseurs (comme toujours devant un spectacle de danse je pense à mon père et à mon oncle : « Et je t’attrape, et je te lâche, et je t’attrape, et je te lâche… »). Beatriz Teves Oliveira (d’après le programme) a réalisé la bande son en ouvrant son micro dans les rues. Les six danseurs sont très bons. Une femme berce dans ses bras un gros poisson dont je me demande s’il est vrai ou faux. Moment de tendresse burlesque précédant d’autres figures plus énigmatiques. Phases immobiles, accélérations soudaines, une sorte de danse-gouaille parfois. Fin du spectacle… Triomphe, salle debout, ovations ! Un coup d’œil plus attentif au programme m’a fait comprendre tout à coup. La chorale, l’enfant poisson, les disputes de la bande son, la révolte des femmes esseulées, tout ce que vaille que vaille je venais de suivre avait été conçu collectivement : « A população participou ativamente na criação da peça, através da sua presença nas improvisações realizadas nas ruas. As pessoas vivem a rua como se fosse um teatro. Tudo se faz na rua. » Ce public joyeux, c’était la population de Rabo de Peixe venue en nombre pour célébrer fièrement sa troupe. La trêve du samedi que j’avais observée et photographiée le matin-même venait d’être réinventée au moyen de l’art sous les yeux reconnaissants de ceux qui se reconnaissaient. L’espace d’une heure, sans une parole, les corps dansants avaient mis Rabo de Peixe dans la lumière.

(Arrivé dimanche matin très tôt à Horta, après un vol de 40 minutes. Temps exécrable.)

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LES MARIÉS DE PORTO PIM

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Que retenir d’une journée de pluie à Horta (île de Faial) ? Le port est connu de tous les navigateurs engagés dans la traversée de l’atlantique Nord, une Internationale dont le point de ralliement serait le mythique Peter’s bar et l’attribut le pot de peinture – puisqu’il est de tradition de laisser sa trace sur le béton des quais. Je ne suis pas marin, j’ai le mal de mer en nageant, et je regarde d’un œil méfiant le folklore d’Horta. Le Peter’s Bar, tant vanté pourtant, me déçoit. On y trouve plus de touristes – et comme de juste j’en fais partie – que de vieux baleiniers. Alors quoi ? Je préfère ce bistrot à Porto Pim, face à la baie du même nom. Par définition je crois, le touriste recherche l’endroit sans touristes. Tout cela est posture et quelque part vanité. Pourtant, depuis la terrasse, il n’est pas désagréable d’observer un couple de jeunes mariés en train de commencer sa vie par une séance de photos romantiques.

PS : je n’aime pas la fin du Tour de France. En principe, cela annonce le retour des cartables dans les supermarchés.

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LE VOLCAN IMAGINÉ

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Pour se rendre à Pico depuis Horta, il faut prendre un ferry de la compagnie Transmaçor. L’île est dominée par un volcan culminant à plus de 2300 mètres : des pentes régulières, de plus en plus raides, jusqu’au sommet pointu. En préparant un séjour aux Açores on ne peut s’empêcher d’imaginer cette forme parfaite, une des plus belles montagnes du monde en vérité (et la plus haute entre Lisbonne et New York) et naturellement rêver de la gravir. La multiplication et la diffusion des images permettent ce type de projection. Cela n’a pas toujours été le cas. Avant de mettre la main dessus (petite dédicace à François), Maurice Herzog ignorait totalement à quoi pouvait ressembler l’Annapurna. Les photos étaient rares et le royaume du Népal encore fermé aux voyageurs étrangers. C’est par hasard aussi que Mallory repéra le Col Sud de l’Everest, resté mystérieux jusqu’au début des années 50 et devenu aujourd’hui « la décharge d’ordures la plus haute de la planète ». Pour en revenir au Pico (c’est le volcan qui donne son nom à l’île), j’ai beau avoir phantasmé sur les innombrables images qu’on trouve via Internet, je continuerai de l’imaginer longtemps. Une brume épaisse stagne à 500 mètres d’altitude et empêche de voir. Dimanche, la forme est apparue un bref moment, puis a disparu… Eh oui, le voyage imaginé n’est pas le voyage réalisé. Les lieux que l’on traverse s’inscrivent dans une réalité sans grand rapport avec ce qu’on avait pu prévoir, de même que l’impression des premiers moments se modifie quelques heures après.

J’ai emménagé dans une maison de pierres noires (basalte) sur la route de Cais de Mourato. Je la pensais en ville, elle est en pleine campagne. Le taxi a dû téléphoner à la propriétaire pour la trouver. Sur la terrasse un hamac invite à la détente et me laisse prévoir un nouveau quart d’heure de vacances. Rien n’est moins sûr cependant. Contre toute attente le beau temps peut revenir et alors à moi l’ascension du Pico !

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MES YEUX ÉBLOUIS

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L’île de Pico est une révélation. Je l’ai parcourue aujourd’hui par la côte Nord jusqu’à l’extrême point de Manthena puis par la somptueuse route du centre qui traverse les plateaux d’altitude. Ce sont d’abord les vignes curieuses, emprisonnées, bien au chaud entre leurs murs de pierres volcaniques ; je tâcherai d’en ramener une bouteille à João. Le Clube naval de São Roque offre une halte agréable après la visite du musée de l’usine baleinière. Buffet à volonté. Puis la route va de village en village. Pas grand monde… Mais le plus beau est à venir. À partir de Pietade s’élève la Transversale. Pas âme qui vive. Brouillard très dense et parfois, alors que la pluie redouble, apparition miraculeuse des lointains. Où est-on ? Sur la lune ? Je suis ébloui.

Trois informations maintenant dont certaines font suite aux articles précédents : on trouve aux Açores de nombreux bazars chinois. Choix inépuisable. Prix imbattables. Qualité moyenne. Certaines maisons arborent le drapeau portugais et le drapeau américain. On trouve aussi le drapeau canadien. Quant à la loueuse de voitures, elle se nomme GOULART. C’est un nom fréquent ici, bien représenté au cimetière. Le nom, très présent aussi en Bretagne, signifie à quelque chose près gros mangeur, gourmand, goulu. Au cimetière de Madalena, je me suis dit que ces morts-là avaient sans doute été de bons vivants.

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VOYAGE TILL THE END OF THE WORLD

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Hier soir, en rentrant très tard à Cais do Mourato, j’ai repensé à la route faite de nuit avec Marine entre Broome et Derby, dans le Kimberley. Nous avions roulé prudemment pendant une centaine de kilomètres, sans croiser une seule voiture ni quelque animal que ce soit. Pas d’incident à déplorer donc, hormis la panne du lecteur CD. Dans le Nord de l’Australie, l’impression d’être seul au bord du monde est particulièrement excitante pour qui passe le plus clair de son temps à des trajets citadins, toujours les mêmes, de la maison au lieu de travail, du lieu de travail au supermarché, du supermarché à la station-service, etc. Dans le bush, en principe, la vie se tient dans les gros bourgs, et d’un bourg à l’autre, surtout la nuit, il n’y a rien. Toutes proportions gardées, les Açores, et particulièrement Pico, procurent la même impression : terre de solitudes océanes.

Des hommes et des femmes vivent ici pourtant, et depuis la fin du XVème siècle. La patronne d’un café de Valverde me dit qu’elle ne connaît pas toutes les îles de l’archipel. Elle n’a jamais quitté Pico. Plus loin, un homme me demande de le conduire à un autre café, à 500 mètres. Toujours ça de gagner pour ses vieilles jambes ! Le caissier du China store (décidément…) est surpris que je le photographie (je le comprends) mais se prête volontiers à l’opération, comme d’une manière générale tous les habitants de l’île dès lors qu’on leur sourit et prononce quelques mots aimables. Il règne aux Açores une atmosphère tranquille, civilisée, j’allais dire « domestiquée », à l’image des paysages séculaires qu’ont façonnés le travail, l’érection des murs pierre par pierre sans mortier, la culture patiente de la vigne, des bananiers et des figuiers. J’ai acheté une bouteille d’Atlantis pour João. Sur l’étiquette une queue de baleine rappelle cette autre tradition locale, aujourd’hui passée. Je ne suis pas sûr d’essayer le whale watching. Je crains la foire d’empoigne ou le chavirement du bateau (Pauline comprendra…). Tiens, pendant que j’écris, la robe d’une touriste s’envole. C’est un plaisir de noter au fur et à mesure ce que je retiens de ce voyage. Le mot « carnet » est certes un peu prétentieux mais, de fait, c’est sur un carnet acheté à Ponto Delgada que je fixe l’essentiel. En revanche je n’ai pas filmé.

La radio locale Antena propose un excellent programme. J’ai été ravi d’entendre Untill the end of the world de U2, un morceau non sans rapport avec ce blog. Demain, le voyage continue.

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CONSEILS AUX VOYAGEURS

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Voici ma théorie : plutôt que d’écumer toutes les bonnes adresses du guide, choisir avec soin un resto et s’en faire une cantine. Dès le deuxième soir vous êtes reconnu, accueilli avec plaisir et, récompensé de votre fidélité, fort bien servi avec causette en prime ; ce n’est pas négligeable lorsqu’on voyage seul.

Aucun angélisme de ma part : les Açoriens sont vraiment des gens charmants, serviables, apaisants. Personne ne refuse une photographie par exemple et la conversation est toujours appréciée. Avec leur anglais moyen plus et mon anglais moyen moins, nous nous débrouillons très bien.

L’île de Faial où me voici revenu est une Auvergne sur mer. Magnifique. Le beau temps revenu, je ne me suis pas privé de plusieurs balades à cheval sur les volcans. Contrairement au Pico, ils n’étaient pas (trop) dans la brume aujourd’hui. C’est bon parfois d’y voir clair !

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LA MER

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Le triangle Faial, Pico, São Jorge – auquel il faudrait ajouter une pointe avec Graciosa, et dans ce cas ce ne serait plus un triangle mais un carré, enfin je crois – bref, ce coin de l’Océan Atlantique est un jardin. C’est l’impression que m’ont laissée les baleines pilotes, dauphins de Risso, northern bottlenose whales et autres striped dolphins qui visiblement sont ici chez eux. Que risquent-ils aujourd’hui puisque la pêche est interdite ? Avaler du plastique, paraît-il, et il est vrai qu’on en voit flotter, même loin de côtes.

Dans l’après-midi, le festival de la mer s’est poursuivi : pêche miraculeuse (un gros poisson toutes les deux minutes, je n’en croyais pas mes yeux, moi qui eus de la peine un jour m’étant rendu coupable d’avoir pêché une truite dans un lac assermenté, compromettant sérieusement ses chances de survie même après l’avoir rejetée à l’eau), baignade dans les « piscines naturelles » de Viradouro, baignade encore à la somptueuse plage de sable noir de Fajã, partout falaises, volcans effondrés rongés par les vagues, bleus divers et variés selon le bon vouloir du soleil.

Je pense à mes amis, à mes proches. J’aurais aimé partager ce goût de sel, la « curieuse impression des objets » qui vous amène au bord du vide, désireux de voir plus loin, mais toujours prudent bien sûr.

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LA MAISON DE YEBORATH

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J’avais lu voici quelques années les récits d’Antonio Tabucchi, Femmes de Porto Pim et autres histoires. Comme souvent, il s’agissait d’une lecture flottante, entre veille et sommeil, et je n’en gardais aucun souvenir précis. Pour ce voyage aux Açores, j’ai retrouvé le petit volume de la collection 10/18 et je l’ai placé dans mes bagages. Porto Pim est un quartier de la ville d’Horta, « capitale » de l’île de Faial. Les maisons basses se rangent tout autour d’une anse d’un parfait arrondi, voisinant avec le fort São Sebastatião. Tabucchi a séjourné là au début des années 80 et en a tiré ce livre. La forme fragmentaire, mélange de vrai et de faux, de rêve et d’expérience vécue, rappelle l’archipel lui-même qu’on finit par découvrir dans son ensemble, de la lointaine Corvo aux rives de São Miguel. On peut le comprendre, lire sur place change tout. Ce qui avait dû m’échapper prend aujourd’hui un tout autre sens et, par exemple, la maison où se retrouvent Lucas Eduino et Yeborath, je la situe sans peine ; je la vois, là, sous mes yeux au moment où j’écris. Je goûte particulièrement ces pages lorsque tout à coup apparaissent la baie, les inscriptions de la jetée du port d’Horta, le village de Sages ou l’usine baleinière de São Roque. Cependant le petit livre de Tabucchi a trente ans, et les Açores qu’il a connues ne sont plus celles d’aujourd’hui. À l’époque, la chasse à la baleine (je m’avise qu’on parle de chasse à la baleine et de pêche à la truite) était encore possible. L’écrivain italien avait pu se glisser dans une embarcation et assister au harponnage d’un cachalot, tout en avouant à Carlos Eugénio, son guide, le motif de sa curiosité : « Peut-être parce que vous êtes en voie d’extinction, vous et les baleines. » Et d’ajouter : « La voile claque de manière sinistre, les corps immobiles dans le sommeil ne sont plus que des petits tas sombres, et la chaloupe glisse sur l’eau comme un vaisseau fantôme. » Un autre récit de baleines est le Pawana de J.M.G. Le Clézio, évocation poétique d’un monde là aussi disparu (mais en Basse Californie cette fois, dans le Pacifique). Une jeune femme franco-portugaise aux yeux étonnamment clairs, Laëtitia, me signale également Mau tempo no canal de Vitorino Nemesio qu’elle lit à l’aéroport mais dont, je le crains, la traduction n’est pas disponible en France.

Voyager fait donc retrouver la littérature et c’est un vice comme un autre de rechercher des correspondances. Je l’ai fait plus souvent qu’à mon tour, et pas seulement aux Açores. Néanmoins, ne soyons pas dupes, l’écriture reste avant tout un re-création, une création tout court, comme la lecture. Après tout Tabucchi a très bien pu imaginer la maison de Yeborath à Porto Pim ou moi la croire là, au bord de la baie, où elle n’existe pas.