LES VOYAGES DE JEAN

J’ai aimé lorsque Jean m’a raconté ses premières aventures à Istanbul. Je l’ai imaginé sorti de l’adolescence, remontant le Bosphore jusqu’à son embouchure Nord, escaladant une épave avant d’être interpelé par des hommes en armes, en pleine zone militaire. C’était en 1977, n’est-ce pas ? Comme nous étions jeunes alors ! Et peut-être nous sommes-nous croisés là-bas, sans le savoir. Depuis, Jean a refait le voyage régulièrement et quelque chose en lui est stambouliote. Quand nous l’avons vu débarquer au Tillia Hotel, nous n’imaginions pas à quel point il nous ferait profiter de ses « entrées ». Si on ajoute qu’il cuisine de merveilleux baklavas, on ne peut dire que « Merci ! »

LES PRINCESSES D’ISTANBUL

En 1977 (voir article précédent) je visitais donc Istanbul pour la première fois. À l’époque Patrick V. nous avez recommandé la visite du « Pudding shop », lieu paraît-il mythique sur la route des Indes – au sens où l’on pouvait s’y approvisionner en substances diverses. Nous avions mis plusieurs jours pour atteindre la ville, traversant pour cela toute l’ex Yougoslavie (plus de 35 heures de train) et la Thrace, depuis Thessaloniki (26 heures). J’ai peu de souvenirs de cet Istanbul : la gare qui donnait sur le quartier de Galata en face, le pont pour le rejoindre, les cireurs de chaussures à Taksim. À l’époque, j’avais l’impression d’être très loin. J’avais envoyé une carte postale à ma tante Paulette de Barles et celle-ci m’avait dit plus tard : « Tu avais l’air perdu. » Ça, je m’en souviens parfaitement.

Trente-cinq ans plus tard, sur le chemin de New York, nouveau passage à Istanbul. Pauline et moi y avons vécu une très bonne soirée et j’ai redécouvert avec plaisir cette ville magnifique. Sur le pont de Galata s’alignent maintenant les restaurants à touristes et le quartier de Taksim abonde en boutiques de mode. Bien sûr, en quelques heures, on ne peut pas se faire une idée précise d’un pays. Ce que je retiens à coup sûr c’est que les filles sont jolies à istanbul et qu’on y trouve un grand nombre de librairies.

1977

Ici commence une courte série d’articles sur Istanbul et la Turquie.

1977, c’est l’année de mon premier voyage. Avec Patrick et André, venant d’Istanbul, nous comptions prendre un ferry à Izmir pour rejoindre la Grèce. Arrivés à Izmir cependant, après un nuit passée dans le bus, nous avons découvert qu’aucun bateau ne partait. C’était un port industriel, sans grâce, sans paquebot. Il a donc fallu nous débrouiller sans connaître un seul mot de turc. Après avoir erré sur les quais, un type nous a expliqué en allemand que nous n’étions pas au bon endroit, que nous devions nous rendre à Cesme, un petit port au bord de la Mer Égée où nous aurions peut-être la chance de trouver un rafiot faisant la navette avec Chios. Dans la précipitation, nous sommes montés dans un autre bus et avons rejoint Cesme. Aujourd’hui, c’est devenu une station balnéaire bétonnée ; mais à l’époque on pouvait encore parler de bout du monde. Sur le port, un autre type nous a dit qu’un chalutier allait partir pour Chios, l’île que nous voyions à l’horizon. Nous nous sommes donc installés sur le pont pour débarquer une heure plus tard sur le territoire grec, prendre une chambre dans un petit hôtel et nous faire engueuler par la patronne qui trouvait que nous consommions trop d’eau sous la douche.

Fin de cette histoire. Un mois après je rentrais à la fac de Lettres où m’attendaient d’autres émotions.