BONNES JAMBES

À mon grand regret, la statue de Christophe Colomb, au bord du Rio de la Plata, est provisoirement inaccessible en raison de travaux ; les ouvriers s’étonnent que je veuille en approcher (quelle idée !). Pedro de Mendoza, le fondateur de la ville, a quant à lui son monument au Parque Lezama, en face de l’église orthodoxe russe. Plus bas, une gigantesque allégorie de la Fortune (?) célèbre l’amitié entre l’Uruguay et l’Argentine, alliés contre le Paraguay pendant la guerre de la Triple Alliance (qui impliquait aussi le Brésil)… Je continue ? Malgré mes bonnes jambes, je m’aperçois qu’il faudrait des dizaines de promenades architecturales et historiques pour se faire une idée complète de la ville.  J’en suis loin et épargne ainsi aux lecteurs de cet article un inventaire aussi indigeste qu’inutile. Non, je navigue à vue entre les esplanades, les obélisques, les statues (y compris celle de Don Quichotte – lui, je le reconnais !). Au fond, je suis inculte (pourvu qu’on ne m’interroge pas), simple marcheur et regardeur qui fera mieux la prochaine fois. Le centre, à ce que je constate, est monumental, superbe; la crise semble l’avoir épargné mais il faudrait y regarder de plus près. San Telmo où se trouve mon hôtel présente un visage plus provincial ou bobo, selon les rues. Du côté de l’église de Bethlem, cafés branchés,  antiquaires et autres magasins de décoration voisinent avec les vieilles boutiques, les troquets sans prétention. J’ai déjà évoqué hier le moderne Puerto Madero et le (trop) folklorique Caminito (port d’attache du fantaisiste peintre maçon, Quinquela Martin, une vedette à Buenos Aires sortie du ruisseau). Mais si l’on veut du luxe, alors mieux vaut arpenter – et ce sera pour moi entre pluie et soleil –  les rues « parisiennes » de Recoleta et le fameux cimetière. Ce dernier, comme on l’avait supputé, est une spectaculaire et peut-être dérisoire illustration de nos communes vanités. Beaucoup de savants. Côté riche, s’entend.

Et maintenant, photos !