PAULETTE

C’était programmé depuis plusieurs mois; j’ai passé une matinée avec Paulette. Sauf erreur de ma part, elle était née en 1923 à Esparron La Bâtie, dans ce qu’on appelait alors les « Basses-Alpes ». À ce sujet, on peut aller vérifier, ces Alpes n’ont rien de bas. On peut aussi faire l’inventaire de tous les événements historiques dont Paulette, depuis sa naissance, a été la contemporaine. Non qu’elle s’en soit mêlée bien sûr, mais parce qu’elle était là, comme ses deux sœurs, au même moment que le pire et le meilleur du XXe siècle.

Paulette est décédée à Digne en juillet 2014. Ces fils lui ont écrit ce texte.

« Tu as été à la fois une maman, une mamie (Mamie Pau), une tata (Tata Paulette), une marraine, tu as été pour tous l’image de la bonté, de la générosité, de la modestie aussi, mais surtout l’âme des maisons toujours ouvertes à tous, aux Arches ou à Barles. Pendant des années, tu as laissé la porte et la table ouvertes à la famille élargie, aux amis, aux copains. Tu supportais avec patience et même avec plaisir les flonflons musicaux de tes quatre musiciens de fils, les exploits footballistiques des mêmes garnements et de leurs copains, les discussions passionnées des soirs d’élection. Tu nous quittes, apaisée, et tous se souviendront de toi, Maman, et de Papa, vous qui régniez tous les deux sur la maison du bonheur. »