DAGARA

Les Dagaras vivent dans le Sud-Ouest du Burkina Faso aux confins de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Ce groupe ethnique rattaché aux Lobis a découvert l’Évangile avec la colonisation dans les années 1930. Le documentaire DAGARA (30 minutes), réalisé en mars 2012 avec mes amis de l’ASPA, s’interroge sur la place que garde aujourd’hui la religion traditionnelle animiste dans les rites de passage chrétiens comme le mariage ou les funérailles. Il saisit et mesure le processus d’acculturation en cours dans la société et les familles. Trois personnes du village de Dano témoignent : Jean-René Dabiré, tailleur, cultivateur et responsable scout engagé dans l’Église catholique ; Yelcanibé Dabiré, tradi-praticienne qui nous invite à une de ses cérémonies ; Dominique Méda, enfin, prêtre catholique, curé de la paroisse de Dano et spécialiste de ces questions. Tous trois, à bien y réfléchir, nous interrogent sur ce que signifie, en Afrique ou ailleurs, « vivre ensemble ».

Quelques scènes du film, pour donner une idée. DVD disponible au prix de 15 euros au profit de l’ASPA.

LATRINES

En treize minutes, le point sur la question des latrines du côté des écoles de brousse à Diébougou (Burkina Faso). Ce court-métrage met au premier plan les acteurs du projet,  essaie de cerner le problème et d’envisager les solutions. A diffuser le plus largement possible. Merci !

Argument :

Au Burkina Faso, les écoles de brousse ne sont pas équipées en toilettes. C’est un facteur de déscolarisation des jeunes filles notamment, et un risque sanitaire majeur que les populations, avec les moyens du bord, cherchent à endiguer. Dans la région de Diébougou, une initiative est prise par quelques volontaires pour équiper dix écoles. L’ASPA soutient ce projet en récoltant des dons qui permettront d’aider à la construction des latrines.

Contact : ASPA (association pour le partenariat éducatif avec l’Afrique), 239 avenue de la lanterne, 06000 NICE

SOUDURE

De janvier à mai en Afrique Subsaharienne, la « soudure » est la période précédant les premières récoltes pendant laquelle le grain amassé un an plus tôt peut venir à manquer. C’est alors le temps d’une insécurité alimentaire croissante pour les plus vulnérables. Recueillis en mars 2012 au Burkina Faso, les témoignages réunis ici évoquent les difficultés d’une année où, par manque de pluie, la soudure s’annonce difficile. Une réalité cruelle qui s’avère pourtant fort éloignée des représentations dominantes et médiatiques de la faim.

Le documentaire est donné dans sa version intégrale.

MATIN DE TOMPÉNA

De tous mes souvenirs d’Afrique, c’est l’un des meilleurs. La veille, nous avions retrouvé Lazare sur le bord de la route et je le revois encore enfourcher sa mobylette pour conduire le groupe jusqu’aux ruines de Loropéni. Nous les avons visitées à cette heure que j’aime tant, au moment où ça vire en quelques minutes vers la non couleur, au son inquiétant du moustique vorace. Il faisait tout à fait nuit lorsque nous sommes arrivés à l’hôtel et j’ai cru que Valentine allait faire un malaise. Son père s’en inquiétait ; le remue-ménage était général au moment de se partager les moustiquaires, les lampes torches, les bouteilles d’eau. Puis, j’ai salué le groupe pour suivre Lazare jusqu’à Tompéna où le lendemain était prévu de tourner le film très tôt, avant que le soleil n’écrase tout. Il m’a montré la chambre, nous nous sommes dit bonne nuit et au moment de me dépoussiérer à l’aide du seau qu’on avait préparé ma lampe est tombée en panne. Dans le noir, j’ai cherché en vain mon briquet puis j’ai fini par me servir de l’écran de mon téléphone portable. La douche serait donc rudimentaire.

La photo d’aujourd’hui a été prise au tout petit matin, après une nuit de sommeil lourd. Je me suis levé dans l’obscurité et suis sorti devant la baraque, en faisant une vingtaine de pas en direction des arbres. La Lune brillait encore un peu et j’ai attendu le moment du jour naissant, le début du monde. Au silence de la nuit succédaient maintenant une vague rumeur, les premiers craquements. Derrière moi, le faisceau de la lampe de Lazare dansait encore sur les murs et très vite nous sommes partis tous les deux vers les étables et les maraîchages. Le ciel changeait au-dessus de nous, les jeunes fermiers s’activaient déjà et j’ai pu commencer le tournage. Il devait être six heures du matin et ce n’est que vers neuf heures que nous sommes revenus là où nous avions dormi, pour prendre le petit-déjeuner. Je me souviens du café, de la confiture, du pain sans mie. J’ai continué de filmer celui qui m’avait reçu. Et puis je l’ai remercié.

On trouvera maintenant ici le début du film. Son but, au moment du tournage, était de rendre compte d’une entreprise exemplaire de formation, pour le  développement d’une agriculture durable dans une région exposée aux risques de l’appauvrissement des sols et de l’immigration des populations locales.