GAC ET NOTRE CINÉMA

Sur la photographie qui ouvre ce nouvel album thématique, nous découvrons Jacques Bianchi et Patrick Palméro, mes deux compères de jeunesse, à Bobo Dioulasso (Haute Volta), devant un cinéma de quartier. Nous sommes en 1979. Je me souviens précisément que nous avions assisté à la séance d’un film politique de Costa Gavras, État de siège, avec Yves Montand en vedette. Le cinéma était en plein air, relativement bien rempli, et c’était assez curieux de se retrouver en Afrique pour voir un film consacré à la dictature en Uruguay. Sur la photographie, les affiches annoncent d’autres genres de film : vous souvenez-vous de L’Argent de poche de François Truffaut ? Et ce Retour des morts vivants, quelle version allait bien pouvoir effrayer le public en principe rigolard des contrées africaines ? Enfin on peut s’interroger sur le troisième film dont l’affiche est hors champ. De quel Enrico s’agit-il : Macias ou Robert ?! Je suis perplexe.

Le cinéma, avec Gac surtout (nous appelons Jacques ainsi depuis que ma fille Marine, toute petite, a décidé de raccourcir son prénom), avec Gac donc, le cinéma est une vieille histoire. En 1975, nous tournons notre premier « chef d’œuvre », Le chien, puis beaucoup d’autres films « à scénario », ainsi que des films de voyage. Aujourd’hui encore, à Paris, nous passons nos meilleurs moments dans le sous-sol de la maison, une véritable caverne d’Ali Baba où s’entassent les séries Z, les de Funès, les films catastrophes… Gac est plutôt resté fidèle aux années 70, il faut bien le dire, une époque où nous découvrions le cinéma en privilégiés depuis la cabine de projection, celle de l’Eden de Menton qui appartenait à son grand-père, l’élégant et roublard Jean Bianchi.

Ces dernières années, j’ai pris l’habitude en voyage de photographier les cinémas. Les clichés qui suivent ont été pris en Inde, en Australie, à Milan, Tanger, Marseille ou ailleurs. Je le fais pour Gac, de la même façon que je photographie aussi pour lui les rails et les gares, une autre de ses passions. De quoi fournir la matière d’un nouvel album thématique !

Car oui, pour moi, rails ou cinéma portent aussi un autre nom. Le beau nom d’amitié.