GOOGLE MAP

Sur la carte a priori une zone verte, résidentielle mais passablement isolée. Pour ce court passage en Malaisie, au mois de décembre, j’avais choisi un établissement particulièrement bien noté, signalé comme « Fabuleux », et pointé sur la carte non loin de l’aéroport de KLIA 2, à une soixantaine de kilomètres de Kuala. Mais la consultation de Google Map, quelques semaines avant un départ, ne prépare que modérément aux surprises de la nuit, le soir de l’arrivée. Depuis l’aéroport, le taxi a effectivement tourné longuement, s’arrêtant sur le bas-côté pour demander sa route, téléphoner au propriétaire et poursuivre quasiment à l’aveuglette dans des quartiers perdus, presque fantomatiques, au point que je m’estime chanceux d’avoir pu finalement déposer ma valise au Formula One Bed and Breakfast de Sepang, chez Joy Mathew et son fils Josylan. Nonobstant, n’était cette difficulté à se repérer dans les entrelacs de Laman Kemboja, près de Nilai, la réputation d’excellence de cette maison n’est en rien usurpée et je la recommande à mon tour à ceux que le hasard ou la nécessité conduiraient dans le secteur. Un père et un fils, réunis dans le deuil de l’épouse et mère, d’une gentillesse et d’une serviabilité proprement désarmantes et qui, tout au long de mon séjour, faciliteront mes déplacements pour sortir de la zone protégée.

De ces premiers contacts avec la Malaisie est peut-être restée l’impression nécessairement superficielle d’un pays mystérieux, un peu vide, un peu policé, mais d’une urbanité certaine. Après un dîner indien et une nuit de repos, je réserve mon premier jour à la visite de Kuala Lumpur. Si son China Town n’a rien de particulièrement intéressant, j’ai bien aimé Merdeka Square, la grande esplanade bordée de bâtiments gothiques, ainsi que la ville moderne, les avenues désertées conduisant aux Twin Towers. Nous sommes loin, ici, de l’atmosphère palpitante et anarchique de Manille ou Jakarta. La misère reste discrète quand bien même, au coin de Jalan Bandar, la soupe ou plutôt le riz populaire serait servi en musique (les bénévoles se relayant pour jouer de la guitare). Aperçu, à cet endroit, une Occidentale junkie, le visage recouvert d’une cendre grise. Elle voit que je la vois, elle me regarde, et je suis gêné. Une bizarrerie… Quelque chose qu’aussi bien j’ai peut-être rêvé.

Demain, Malacca.