PASSEGGIATA

J’en étais resté à la bise glaçant les os dans les rues désertes de Monte Sant’Angelo. Fort heureusement, et comme le veut la tradition de ce voyage d’automne, le temps s’est mis au beau et l’Italie du Sud, dans sa lumineuse splendeur, de nous offrir la douceur attendue, celle d’une arrière saison plus folâtre que mélancolique.

Ainsi, qui aime l’Italie aime la passeggiata, cette heure où, le soir venu, les rues s’animent du va et vient des badauds en goguette. On lèche les vitrines, on boit un verre en terrasse, on se montre ; certains jouent quelques euros à la loterie tandis que d’autres vont à la messe. À Bari comme à Lecce nous avons épousé le mouvement. Comment y résister ? Les places résonnent, bourdonnent dans la nuit, une énergie se dégage qui vous emporte.

Vous êtes surpris, le lendemain matin, de retrouver les mêmes lieux vides, théâtralement vides, comme un décor attendant que la troupe revienne pour rejouer la pièce, identique chaque soir.