POLOGNE AU VOLANT

En traversant la Baltique, j’ai atterri dans un endroit assez bizarre et changé de culture : Dlugie Ogrody, ul. Rzęna 1, Gdańsk, Pologne. L’hôtel, difficilement repérable dans la zone industrielle de la ville, a semble-t-il annexé un immeuble d’inspiration soviétique ou quelque chose du genre. Cela donne il est vrai une bonne impression d’espace mais, comment dire, c’est un peu froid, spartiate, tatillon (pour le parking par exemple), sans être ruineux heureusement. Ainsi, je viens de dîner pour 6 euros environ : une bière, des frites, du chou, des carottes râpées, une tranche de porc panée et du nescafé (pas de dessert possible).  La ville de Gdańsk est fort belle, en tout cas son centre historique complètement détruit pendant la guerre et reconstruit brique par brique. En revanche, venant de Suède où la placidité et le calme de la population sont frappants, l’ambiance polonaise m’a paru très anarchique. La circulation en particulier est très difficile. Les Polonais sont les rois du déboitage et du non-respect des limitations de vitesse. Il leur faudrait quelques radars comme en Scandinavie où vous pouvez en trouver huit ou neuf sur un tronçon de 15 kilomètres (je n’exagère pas, c’est vrai). D’autre part, les indications sont incompréhensibles. Érika et moi avons cherché en vain le lieu de l’exposition The Human Body (pas sûr que j’aie à le regretter) et, au retour de Westerplatte, nous nous sommes carrément perdus. J’en profite pour expliquer ce qu’est Westerplatte : tout simplement le lieu où la Seconde Guerre Mondiale a commencé, le 1er septembre 1939. Les soldats polonais ont bien résisté, treize ont été tués, mais quelques jours plus tard Hitler pouvait s’installer au Grand Hôtel de Sopot où j’ai fait un saut ce matin. Signe des temps, la dernière visiteuse de marque de cet hôtel haut de gamme s’appelle Rihanna. Bref, cela fait un moment contrasté du voyage. En changeant de pays, j’ai changé d’univers et, en même temps, rapproché mes guêtres. Les Polonais me semblent foutraques mais sympas. La ville, quant à elle, a la beauté de l’Histoire et la complexité du Présent.