SE LA COULER DOUCE

Le voyage d’automne, tradition que je partage depuis quelques années à la fin octobre avec Anne, Catherine et Paola (ensemble nous avons déjà visité Naples et sa région, Istanbul ou les Pouilles par exemple), le voyage d’automne, donc, a la particularité de nous apparaître comme un voyage d’été, mais un été qui serait doux et délicat, débarrassé de ses excès climatiques, de la promiscuité populaire et des hordes de vacanciers, bref, faisons-la courte, un voyage d’aristocrates !

Bien entendu, il ne s’agit que d’une illusion, quand bien même le voyage de cette année aurait pour cadre la Malte séculaire. Non, nous ne sommes plus au temps où Paul Bowles voyageait avec ses malles, assis sur le pont d’un yacht, mâchouillant négligemment (et en réalité dans une pose étudiée) son porte-cigarette. Notre voyage d’aristo commence avec Ryan Air au départ d’un hangar périphérique de Marignane, se poursuit dans un véhicule d’Europcar plus petit dans la réalité que ne le laissait espérer la réservation Internet, et s’achève au bout d’une semaine d’air bee and bee à Ħaż-Żebbuġ, le cœur adouci par le miel du soleil et de l’amitié, sans autre prétention.

Pas de prétention donc ici d’écrire un grand reportage. Un peu comme si ce voyage aux marges de la belle saison était, pour une fois, l’occasion de se la couler douce. Les photos, en trois fois, parleront d’elles-mêmes. Aujourd’hui, des paysages surtout, répétitifs dans leur majesté parfois austère. Demain, les humains !