SPAGHETTIS, CAPPELLETTIS, TORTICOLIS

Où en est Catherine de sa tendinite des muscles élévateurs, de l’inflammation de sa capsule des rotateurs et de son torticolis ? Comme le prouvent la première photo et la plupart de celles qui suivent, l’Italie se regarde souvent de bas en haut, contraignant le photographe à d’inévitables contorsions et à la pratique, certes honorable mais exigeante sur le plan musculaire, de la contre-plongée.

Ce voyage dans les Pouilles s’est donc fait le nez en l’air, qu’il s’agisse de saisir les hautes murailles du Castel del Monte (lieu de tournage du fameux Nom de la Rose), d’embrasser dans sa totalité la magnifique basilique de Bari (dédiée à Saint Nicolas de Myre) ou d’observer les colonnades et les balcons baroques de la merveilleuse Lecce. Ici, le Sacré se décline à la fois au quotidien (les églises sont pleines, on s’y confesse encore) et dans l’étrangeté. Une petite fille, déjà montrée dans un précédent album, semble fuir les monstres de mosaïque qui ornent les allées de la cathédrale d’Otrante ; à Bari, des éléphants et des lions (?) accueillent les fidèles dès le porche de la basilique ; à Monte Sant’Angelo un cavalier de l’Apocalypse paraît  fondre vers la nuit ; la forteresse del Monte, enfin, garde tout son mystère : personne n’a jamais pu établir à quel culte étaient vouées ses arches de marbre.

Élevons donc nos yeux, même sans comprendre. Après tout, que risquons-nous à cet élan, sinon d’humaines courbatures ?