UNE AUTRE INDE

Christopher, mon compagnon de chambre, dort à poings fermés. Il est tôt. Je quitte le lit de l’ancêtre d’Hazel, dans cette chambre spacieuse du Nirmala Niketan, et je vais à la rencontre d’une autre Inde, l’autre oui, la poétique, celle qui n’appartient qu’à moi, quelque part dans les méandres. Pour ce dernier article, il ne s’agit plus de témoigner, d’expliquer, de comprendre ou de faire comprendre. Je prends cette licence qui est de m’échapper. Cette autre Inde est faite de couloirs, de chambres, de lumières grises, de nuit. Une icône rencontre les montants d’un lit attendant sa moustiquaire. Un aquarium survit dans la lumière verte. Un hôtel de Marine Drive ne se souvient plus de son voyageur et des mains de femme attendent d’être prises tandis qu’un corbeau, déguisé en mouette, plane joyeusement au-dessus de l’eau.

Le concert des klaxons sur Mumbai s’est tu tout à coup; tout est calme.

Il est peut-être l’heure de se taire pour continuer de regarder.