LA PART DE L’EAU : LE FILM

L’Afrique manque-t-elle d’eau ?  La ressource vitale sera-t-elle suffisante pour répondre dans l’avenir à la forte croissance démographique ? Quelle accessibilité pour une eau potable de bonne qualité ? Voilà les questions auxquelles tente de répondre ce documentaire de 12 minutes. Je l’ai tourné dans la région de Diébougou, au Burkina Faso, en compagnie de mes amis Frédéric Bernardeau et Anne-Thérèse Rendu.

Bonne projection et bon partage !

LE REGARD BLANC

En 2007, lorsqu’avec l’ASPA nous sommes passés au village Lobi qui se trouve près de la ferme de Tompéna, j’ai tourné des images que nous avons hésité à conserver pour le film. Notre troupe, il faut bien le dire, avait semé le trouble, et les images sont dérangeantes. La distribution de bonbons donne lieu à une belle pagaille, les enfants se battent pour récupérer quelques malheureuses babioles. Bref, nous foutons le bordel, et puis nous repartons… En 2005, accompagnant Gérard Philibert au petit séminaire de Saint Tarcisius, je m’étais éclipsé pour marcher seul vers les baobabs, suivre dans la brousse de vagues sentes craquelées par la sécheresse. Après quelques minutes, je tombais sur une ou deux cases isolées. Deux femmes étaient là avec leurs enfants, nous ne pouvions communiquer que par gestes, et je laissais à l’un des gosses une petite voiture en plastique gardée jusque-là au fond de ma poche.

Tout cela me ramène au voyage de 1979 dont je reconstitue en ce moment la chronique. Cette fois, Gac, Patrick et moi étions passés en Haute Volta (ex Burkina Faso) et un taxi nous avait conduits jusqu’au village de Koumi. Ce sont les images mises en ligne aujourd’hui et elles parlent d’elles-mêmes. Á  nouveau cette gêne d’assister à la distribution parcimonieuse que tous les guides du routard préconisent pourtant (« Amenez des stylos, de menus objets, cela fait toujours plaisir », etc.) En regardant attentivement la vidéo, on voit très bien que les jeunes voyageurs que nous étions commencent à prendre conscience de ce qu’est la pauvreté. On voit aussi quelques gestes peu amènes de la part des autochtones, visiblement dérangés (ou choqués) par notre visite éclair. Mais ce qui me gêne le plus aujourd’hui, c’est la musique choisie pour illustrer le tout. Dramatique, puis doucereuse…

Certes, Koumi manquait de ressources et nombre de ses cases ou bien encore le pont de bois enjambant la rivière paraissaient particulièrement délabrés.

Fallait-il pour autant en rajouter ?

VIENNE LA NUIT

Ou peut-être faut-il seulement régler son micro, poser la caméra, faire tourner, et attendre. Dans ce petit film, ce sont les premiers plans que je préfère, les deux premières minutes, parce que c’est la réalité brute, sans intervention. Après quoi, on retombe dans la sélection, le montage. Et ce n’est plus la présence mais la recomposition.

AFRIQUE ADOLESCENTE

J’ai réalisé plusieurs films en Afrique, le problème étant de se renouveler. Pas si simple… Pour A voir, Burkina Faso une expérience, j’ai pris le parti de privilégier le thème de la découverte par cinq adolescents qui n’avaient jamais mis les pieds là-bas. Une première solution est donc de filmer ces jeunes gens, de les observer dans leur découverte, de les écouter parler.

Une autre solution consiste  à suivre Valentine dans la nuit de Dano à la recherche d’une poste téléphonique.

DAGARA

Les Dagaras vivent dans le Sud-Ouest du Burkina Faso aux confins de la Côte d’Ivoire et du Ghana. Ce groupe ethnique rattaché aux Lobis a découvert l’Évangile avec la colonisation dans les années 1930. Le documentaire DAGARA (30 minutes), réalisé en mars 2012 avec mes amis de l’ASPA, s’interroge sur la place que garde aujourd’hui la religion traditionnelle animiste dans les rites de passage chrétiens comme le mariage ou les funérailles. Il saisit et mesure le processus d’acculturation en cours dans la société et les familles. Trois personnes du village de Dano témoignent : Jean-René Dabiré, tailleur, cultivateur et responsable scout engagé dans l’Église catholique ; Yelcanibé Dabiré, tradi-praticienne qui nous invite à une de ses cérémonies ; Dominique Méda, enfin, prêtre catholique, curé de la paroisse de Dano et spécialiste de ces questions. Tous trois, à bien y réfléchir, nous interrogent sur ce que signifie, en Afrique ou ailleurs, « vivre ensemble ».

Quelques scènes du film, pour donner une idée. DVD disponible au prix de 15 euros au profit de l’ASPA.

LATRINES

En treize minutes, le point sur la question des latrines du côté des écoles de brousse à Diébougou (Burkina Faso). Ce court-métrage met au premier plan les acteurs du projet,  essaie de cerner le problème et d’envisager les solutions. A diffuser le plus largement possible. Merci !

Argument :

Au Burkina Faso, les écoles de brousse ne sont pas équipées en toilettes. C’est un facteur de déscolarisation des jeunes filles notamment, et un risque sanitaire majeur que les populations, avec les moyens du bord, cherchent à endiguer. Dans la région de Diébougou, une initiative est prise par quelques volontaires pour équiper dix écoles. L’ASPA soutient ce projet en récoltant des dons qui permettront d’aider à la construction des latrines.

Contact : ASPA (association pour le partenariat éducatif avec l’Afrique), 239 avenue de la lanterne, 06000 NICE

RENDEZ-VOUS À SAREPTA

L’ASPA (Association de Partenariat éducatif Avec l’Afrique) travaille essentiellement  auprès de ses partenaires burkinabés pour le développement de l’éducation dans le secteur de Diébougou (Sud-Ouest du Burkina Faso). En 2007, j’ai réalisé un carnet de voyage (52 minutes) pour donner une idée des projets et des réalisations en cours. Le titre – biblique ! – renvoie au foyer qu’ont aménagé nos amis pour recevoir leurs hôtes et partager avec eux de grandes bouteilles de bière, la fameuse Flag notamment, une référence en Afrique francophone !

Rendez-vous à Sarepta  est donc un film de rencontre; et c’est ce qui passe, je crois, dans la séquence que j’ai sélectionnée aujourd’hui.