VOYAGE TILL THE END OF THE WORLD

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Hier soir, en rentrant très tard à Cais do Mourato, j’ai repensé à la route faite de nuit avec Marine entre Broome et Derby, dans le Kimberley. Nous avions roulé prudemment pendant une centaine de kilomètres, sans croiser une seule voiture ni quelque animal que ce soit. Pas d’incident à déplorer donc, hormis la panne du lecteur CD. Dans le Nord de l’Australie, l’impression d’être seul au bord du monde est particulièrement excitante pour qui passe le plus clair de son temps à des trajets citadins, toujours les mêmes, de la maison au lieu de travail, du lieu de travail au supermarché, du supermarché à la station-service, etc. Dans le bush, en principe, la vie se tient dans les gros bourgs, et d’un bourg à l’autre, surtout la nuit, il n’y a rien. Toutes proportions gardées, les Açores, et particulièrement Pico, procurent la même impression : terre de solitudes océanes.

Des hommes et des femmes vivent ici pourtant, et depuis la fin du XVème siècle. La patronne d’un café de Valverde me dit qu’elle ne connaît pas toutes les îles de l’archipel. Elle n’a jamais quitté Pico. Plus loin, un homme me demande de le conduire à un autre café, à 500 mètres. Toujours ça de gagner pour ses vieilles jambes ! Le caissier du China store (décidément…) est surpris que je le photographie (je le comprends) mais se prête volontiers à l’opération, comme d’une manière générale tous les habitants de l’île dès lors qu’on leur sourit et prononce quelques mots aimables. Il règne aux Açores une atmosphère tranquille, civilisée, j’allais dire « domestiquée », à l’image des paysages séculaires qu’ont façonnés le travail, l’érection des murs pierre par pierre sans mortier, la culture patiente de la vigne, des bananiers et des figuiers. J’ai acheté une bouteille d’Atlantis pour João. Sur l’étiquette une queue de baleine rappelle cette autre tradition locale, aujourd’hui passée. Je ne suis pas sûr d’essayer le whale watching. Je crains la foire d’empoigne ou le chavirement du bateau (Pauline comprendra…). Tiens, pendant que j’écris, la robe d’une touriste s’envole. C’est un plaisir de noter au fur et à mesure ce que je retiens de ce voyage. Le mot « carnet » est certes un peu prétentieux mais, de fait, c’est sur un carnet acheté à Ponto Delgada que je fixe l’essentiel. En revanche je n’ai pas filmé.

La radio locale Antena propose un excellent programme. J’ai été ravi d’entendre Untill the end of the world de U2, un morceau non sans rapport avec ce blog. Demain, le voyage continue.

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