GESTE

Le film GESTE (2009), visible ici dans sa quasi intégralité, est le fruit d’une collaboration avec la peintre Stéphy Morlat-Lobry qui vit et travaille à Nice. Le projet initial consistait à mettre sur pied une exposition mêlant peinture, vidéo et roman.

Ce projet n’a pu être mené à bien et seules quatre toiles ont été réalisées.  Le film GESTE en est cependant la trace, propre à donner une idée du travail de l’artiste.

ILS

J’en ai parlé précédemment dans un article consacré à Iliès (), ILS a été tourné en 2008. L’amour (romantique) est-il une illusion ? Comment sortir de ce chaos ? Huit hommes d’origine et d’âge différents se livrent. Quant à ma réponse de réalisateur, réalisateur, elle est à découvrir dans le contre point visuel qu’offre ma propre histoire.

On essaiera de supporter la mauvaise qualité du son en commençant par écouter la voix intime de François.

Tout ceux qui le connaissent disent affectueusement de Christian que c’est un incorrigible bavard. Déjà présent dans le premier extrait, le voilà maintenant lancé dans un (trop) long développement sur la sensibilité féminine vs les « trucs de mecs ». Cela pourrait très vite nous ennuyer mais tout à coup, à court d’arguments, Christian lâche le principal : « J’adore les femmes, en fait ! » Bien entendu, tout le monde avait deviné depuis longtemps. Et le bavard nous apparaît tout de suite plus proche, avec une parole aussi spontanée que roborative…

Roy Stuart était au montage de son film The lost door quand je l’ai interviewé. Cela m’intéressait d’avoir son point de vue sur « l’amour romantique ». Comme il ne parle pas toujours clairement le français, j’ai ajouté des sous-titres pour cette version publique, alors que le film original n’en comporte pas. Quant aux images qui suivent la séquence avec Roy, elles rejoignent le sonho dont je parlais le 23 septembre. Elles font partie intégrante de ma propre lecture du romantisme.

Au moment du montage de ILS, je cherchais une musique pour l’ouverture du film et je suis tombé sur un morceau d’Angelo Badalamenti. Il accompagne les gestes précis et routiniers de Jacques, mon ami, projectionniste non pas en Australie mais à Paris. Puis la même musique revient dans le finale car elle correspond bien à ce que je voulais, quelque chose de symphonique pour ce film à plusieurs voix, avec des motifs qui se croisent, des échos d’une image à l’autre.

Ce sont ici les premières minutes, et Bruno et Jacques situent le problème que pose le film. Les hommes, et aussi bien moi-même, nous avons à vivre la confusion des sentiments. Je ne suis pas sociologue, mais il suffit de regarder autour de soi. Tout se passe comme si les relations amoureuses devenaient de plus en plus tumultueuses, opaques, quand la vie de nos parents paraissait si simple, si linéaire. « Comment sortir de ce chaos ? », « L’amour est-il une illusion ? »… Le film pose ces questions et la réponse est le film, tel qu’il est, au moment où il a été fabriqué, fragile et provisoire, avec un son très amateur, très mauvais, mais ayant je crois le mérite d’exister.

ANTONIA

Antonia était l’aînée et donc la plus profonde des trois mémoires, celle du père notamment que ses soeurs n’ont guère eu le temps de connaître. « Exilée » dans le Tarn, elle a vécu quarante ans dans une maison qu’entourait le jardin, avant d’intégrer une maison de retraite du village. Il y avait chez elle quelque chose d’une autorité incarnée. Nous la voyons ici dans sa cuisine, un matin. Puis, dans le deuxième extrait, un après-midi, avec Raymonde. À la fin de leurs vies, les trois soeurs n’avaient plus les moyens, la force de voyager pour se retrouver. Le tournage du film aura été au moins l’occasion pour Raymonde et Antonia de se revoir une dernière fois.

Antonia, l’aînée, est partie la dernière, en janvier 2015. Chacun à sa façon se dira aujourd’hui que les trois soeurs sont désormais réunies.

TROIS SOEURS

Antonia, Paulette et Raymonde sont les filles de Roseline et Victorin Leydet, couple de paysans des vallées de Haute Provence. A la mort du père, en 1928, les trois sœurs, encore très jeunes, quittent avec leur mère le village natal d’Esparron-La-Bâtie, traversant la montagne à dos de mules pour s’installer à Barles, autre berceau de la famille.

Aujourd’hui, plus de quatre-vingts ans plus tard, elles confient à la caméra quelques-uns de leurs souvenirs : l’enfance, la jeunesse, les époux, les enfants, la vie avec son lot de peines et de petits bonheurs, égrenés par le temps qui passe et qui sépare. Leurs destins particuliers et modestes racontent à leur manière l’histoire d’un siècle et ouvrent la voie d’une méditation sur l’origine et la fin de toute chose.

LATRINES

En treize minutes, le point sur la question des latrines du côté des écoles de brousse à Diébougou (Burkina Faso). Ce court-métrage met au premier plan les acteurs du projet,  essaie de cerner le problème et d’envisager les solutions. A diffuser le plus largement possible. Merci !

Argument :

Au Burkina Faso, les écoles de brousse ne sont pas équipées en toilettes. C’est un facteur de déscolarisation des jeunes filles notamment, et un risque sanitaire majeur que les populations, avec les moyens du bord, cherchent à endiguer. Dans la région de Diébougou, une initiative est prise par quelques volontaires pour équiper dix écoles. L’ASPA soutient ce projet en récoltant des dons qui permettront d’aider à la construction des latrines.

Contact : ASPA (association pour le partenariat éducatif avec l’Afrique), 239 avenue de la lanterne, 06000 NICE

SOUDURE

De janvier à mai en Afrique Subsaharienne, la « soudure » est la période précédant les premières récoltes pendant laquelle le grain amassé un an plus tôt peut venir à manquer. C’est alors le temps d’une insécurité alimentaire croissante pour les plus vulnérables. Recueillis en mars 2012 au Burkina Faso, les témoignages réunis ici évoquent les difficultés d’une année où, par manque de pluie, la soudure s’annonce difficile. Une réalité cruelle qui s’avère pourtant fort éloignée des représentations dominantes et médiatiques de la faim.

Le documentaire est donné dans sa version intégrale.

MATIN DE TOMPÉNA

De tous mes souvenirs d’Afrique, c’est l’un des meilleurs. La veille, nous avions retrouvé Lazare sur le bord de la route et je le revois encore enfourcher sa mobylette pour conduire le groupe jusqu’aux ruines de Loropéni. Nous les avons visitées à cette heure que j’aime tant, au moment où ça vire en quelques minutes vers la non couleur, au son inquiétant du moustique vorace. Il faisait tout à fait nuit lorsque nous sommes arrivés à l’hôtel et j’ai cru que Valentine allait faire un malaise. Son père s’en inquiétait ; le remue-ménage était général au moment de se partager les moustiquaires, les lampes torches, les bouteilles d’eau. Puis, j’ai salué le groupe pour suivre Lazare jusqu’à Tompéna où le lendemain était prévu de tourner le film très tôt, avant que le soleil n’écrase tout. Il m’a montré la chambre, nous nous sommes dit bonne nuit et au moment de me dépoussiérer à l’aide du seau qu’on avait préparé ma lampe est tombée en panne. Dans le noir, j’ai cherché en vain mon briquet puis j’ai fini par me servir de l’écran de mon téléphone portable. La douche serait donc rudimentaire.

La photo d’aujourd’hui a été prise au tout petit matin, après une nuit de sommeil lourd. Je me suis levé dans l’obscurité et suis sorti devant la baraque, en faisant une vingtaine de pas en direction des arbres. La Lune brillait encore un peu et j’ai attendu le moment du jour naissant, le début du monde. Au silence de la nuit succédaient maintenant une vague rumeur, les premiers craquements. Derrière moi, le faisceau de la lampe de Lazare dansait encore sur les murs et très vite nous sommes partis tous les deux vers les étables et les maraîchages. Le ciel changeait au-dessus de nous, les jeunes fermiers s’activaient déjà et j’ai pu commencer le tournage. Il devait être six heures du matin et ce n’est que vers neuf heures que nous sommes revenus là où nous avions dormi, pour prendre le petit-déjeuner. Je me souviens du café, de la confiture, du pain sans mie. J’ai continué de filmer celui qui m’avait reçu. Et puis je l’ai remercié.

On trouvera maintenant ici le début du film. Son but, au moment du tournage, était de rendre compte d’une entreprise exemplaire de formation, pour le  développement d’une agriculture durable dans une région exposée aux risques de l’appauvrissement des sols et de l’immigration des populations locales.