OMAN PÊCHE MIRACULEUSE

Le soleil s’est levé sur Oman, ma fenêtre s’ouvre sur le Détroit d’Ormuz.

Hier, de retour de la navigation, découverte de Khasab et des environs. Je m’arrête près d’une mosquée; des émigrés pakistanais et bengalis animent la rue. On vend des dattes, on boit des cafés. Je poursuis vers les faubourgs. De beaux enfants croisés. Une vallée du bout du monde, comme si Prads (Alpes de Haute provence)  s’était transformé en désert d’Arabie. Magnifique ! Il reste un peu de jour, je file de nouveau vers la mer. En contre-bas de la route des pêcheurs remontent péniblement un grand filet. Ils tirent en basculant leurs dos vers l’arrière, la prise doit être bonne. Oui, une centaine de kilos de petits poissons frétillants (un poisson frétille toujours avant d’y passer), mais aussi une énorme raie tigrée et une tortue ! Les enfants caressent le dos luisant des bestiaux. Ils ont un peu peur, semble-t-il, mais pas trop. Bientôt on remplit un grand casier des petits poissons mais on relâche la tortue puis la raie. Toutes deux s’éloignent sous le regard émerveillé du touriste et ceux habitués des pêcheurs. Enfin, retour par la plage. Quelques familles, quelques femmes, quelques hommes méditant…
J’ai filmé ces scènes. De retour en France je prendrai le temps de les monter. Ici, je n’ai pas le matériel pour le faire. Il me reste encore quelques heures avant mon retour. Je compte bien en profiter.

OMAN DAUPHINS

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J’avais eu l’occasion l’an dernier aux Açores d’une séance de whale watching. Aujourd’hui le boutre me conduit dans les fjords de l’Arabie, aux confins du Détroit, et nous verrons des dauphins. Petite équipe sympa : un groupe de jeunes Anglais vivant à Dubaï, des Asiatiques qui ne se mélangeront pas, deux membres d’équipage. Les dauphins nous accompagnent tout prêt de la quille. Puis, nous mouillons dans un décor digne d’un album d’Hergé (Coke en stock par exemple) et c’est une belle séance de snorkeling. Enfin, à l’heure où nous rentrons vers Khasab, la lumière se contraste. C’est époustouflant et il reste encore du temps pour voir, pour voir encore et encore !

OMAN MUSANDAM GRAND SPECTACLE

J’en étais donc resté à mes difficultés d’orientation dans Dubaï. On va vite passer sur ce sujet sans intérêt pour se retrouver sur la route de Ras al-Khayma et ses petites dunes de sable. Si on regarde une carte de l’Arabie et du Détroit d’Ormuz, on remarque que les Émirats Arabes Unis se terminent en pointe, mais en fait ce ne sont plus les Émirats Arabes Unis, c’est le Sultanat d’Oman, l’enclave de Musadam, juste en face de l’Iran à moins de quarante kilomètres. Jean Rolin a sorti l’an dernier un roman intitulé Ormuz. L’histoire se déroule dans ce secteur hautement stratégique et non moins étrange. Des montagnes quasiment vides, sans aucun arbre, sans femmes (très peu vues de toute la journée), quelques villages où on ne rencontre que des chèvres. Le passage de la frontière m’a rappelé la grande époque où j’allais du Togo au Bénin ou du Togo au Ghana. Patience, sourire, soumission : voilà la bonne stratégie pour passer. Une fois de l’autre côté, c’est alors le grand spectacle. On a quitté la plaine désertique pour la montagne désertique, escarpée, rocailleuse. La route serpente d’abord en bord de mer, au pied de falaises immenses ; on voit au-dessus de l’eau des escadrilles de cormorans. Puis, brusquement, la route s’élève sur une corniche vertigineuse qui permet de passer d’une crête à l’autre. Au loin les pétroliers ou les boutres croisent dans le détroit. Bientôt une dernière épaule au-dessus du vide et c’est Khasab, la seule ville d’un peu d’importance, le rendez-vous des pirates et des contrebandiers ! Omanais bien sûr mais aussi Pakistanais, Chinois, Bengalis, indiens, Philippins, Iraniens, etc. Vite, on regardera ça plus tard. Le boutre est là, il attend, il y a des bananes (et du thé, du café, de l’eau), montons, levons l’ancre et racontons tout cela demain !