L’ENFANT DE KOUMI

Un jour, j’ai photographié une enfant. Enfant, je ne l’étais plus moi-même mais il s’en fallait de peu. Le village de Koumi, dans le pays Bobo, nous nous l’étions pris en pleine gueule alors qu’il ressemble à tant et tant. Aujourd’hui, on y trouvera un séminaire. En 1979, nous n’en avions retenu que l’âpreté, la mauvaise lumière qui cadenassait le paysage, le pont au-dessus du marigot – des troncs d’arbre – et surtout la bataille des gamins pour nous arracher quelques friandises. Le chef nous a guidés entre les cases. Il y avait là une mauvaise ambiance, du moins prenions-nous pour tel ce que notre visite avait en réalité provoqué. Un peu à l’écart, j’ai vu l’enfant. Une jeune fille. Je me suis arrêté devant elle, elle comprenait que j’allais la photographier sans savoir probablement ce que signifie donner son image, la laisser emporter Dieu sait où.  Elle regarde le photographieur, le front cerné, la main gauche retenant par pudeur son pagne grossièrement découpé. Deux boucles pour toute coquetterie et derrière le mur de banco, au sol la terre mêlée d’herbe cuite, quelques mauvais cailloux.

Je suis retourné à maintes reprises au Burkina Faso, comme on le sait le pays des hommes intègres. À chacun de ces voyages j’ai repensé à l’enfant de Koumi. Elle m’accompagne.

À suivre quelques articles consacrés à l’Afrique.

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