GORGES PROFONDES

‌En 1980, une piste serpentait au plus près de l’oued. Nous avions campé et je filmais en Super 8. Au-dessus de nos têtes, les parois étaient vierges et la 2CV s’était arrêtée à l’entrée de la gorge. Aujourd’hui une jeune femme russe se prend en selfie sous la falaise, les bus de touristes font la queue et les jeunes du coin organisent des parties de moulinette grâce aux lignes de spits installées tous les cinq mètres. Les gorges du Todgha méritent leur succès, en admettant qu’une curiosité géologique mérite quoi que ce soit. Après le défilé étroit où se concentrent les visiteurs, il faut poursuivre vers le haut de la vallée élargie, spectaculaire elle aussi par la variété de ses couleurs, ses chaos de roches, le mystère de ses hauteurs abruptes. Peu de villages, en tout cas moins que dans la vallée du Dadès voisine que nous parcourons quelques jours plus tard. Pour l’essentiel, l’album du jour donne un aperçu des parages. La dernière photo est celle de ma chambre. Il y faisait froid. Les couvertures pesaient lourd. Nous nous contenterions d’une toilette de chat. Pourtant, je l’avoue, quelque chose en moi aime ces conditions spartiates. C’est un peu ma mise en scène (d’où la photo). Comme tout le monde je serre discrètement les dents puis je m’en amuse, après coup.

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